Anonymous Coward asked about 1 year ago
Pourquoi tu veux la mort des flics et des "capitalistes" ?

Je ne désire réellement la mort de personne, ou, en tout cas, de vraiment pas grand monde.

Ce qu'il ne faut cesser de distinguer, c'est la différence fondamentale (et perdue de vue) entre préjudice et offense (c'est pas moi qui le dit, c'est Ogien).

Lorsque je dis que sous chaque uniforme de flic il y a un cœur qui bat et que c'est là qu'il faut viser, je ne désire pas ni n'appelle à ce que ce soit fait, j'invoque une image (humoristique) pour susciter une réaction, une émotion. Pareil lorsque je porte mon t-shirt "va te faire cuire un keuf" ou "la seule église qui illumine est celle qui brûle" ou encore que je chante "pends ton patron". Les seules victimes dans ces cas sont celles qu'on imagine et non des individus clairement identifiés. Ce sont des images fortes pour marquer le rejet (et la nocivité) de ces positions sociales.

Il y a plusieurs buts à ces offenses. Le premier est de clairement marquer l'idéologie que je défends (et ce n'est pas sale). Le deuxième est de susciter des réactions, qu'elles soient de soutien, d'interrogation ou de défiance, et en particulier dans l'espace public, parce que la tendance est à la neutralisation de l'espace public comme espace politique, alors que c'est le seul espace politique réellement pertinent (parce que c'est le seul espace politique où on peut rencontrer et se confronter à des personnes qui ne sont pas de "notre bord"). Le troisième, enfin, est de faire peur au camp d'en face, car s'il n'a pas peur, il ne lâchera rien et n'écoutera pas. Pour obtenir la fin de la domination, il faut au moins faire peur aux dominants. C'est le but de l'offense, parce que l'offense s'attaque à l'imaginaire, là où le préjudice est limité (on s'habitue à des préjudices à répétition, l'humain étant résilient).

Question préjudice, disons que le préjudice à l'encontre de ces populations sera toujours moindre que les préjudices de ces populations à notre encontre, donc l'un dans l'autre, je vais pas non plus pleurer.

Languages